Je vous avais promis de revenir sur le fiasco du secteur agricole en Mauritanie. Ce que l’on y découvre n’est pas un échec, mais un désastre national ancien, profond, structurel, soigneusement ignoré et jamais assumé.
Comment un pays doté d’eau, de terres et d’investissements publics massifs depuis des décennies peut-il être incapable d’assurer sa souveraineté alimentaire ? Dans n’importe quel pays sérieux, l’agriculture est un pilier stratégique. En Mauritanie, elle aurait dû être un moteur de développement, d’emplois et de stabilité sociale. À la place, nous avons :
- des périmètres irrigués abandonnés ;
- des projets réhabilités à répétition ;
- des milliards engloutis ;
- des paysans laissés seuls ;
- et une dépendance alimentaire toujours plus lourde.
Ce n’est pas un échec ponctuel. C’est un échec systémique.
La corruption et l'irresponsabilité de l'administration, surtout dans le secteur de l'agriculture depuis plus de 30 ans est une constance. Les responsables changent mais il y a un acteur constant qui occupe une position centrale dans le secteur de l'agriculture : MCG
MCG : Omniprésence, continuité, impunité.
- Viabilisation d'un potentiel agricole de 50 000 ha : 2025
- Aménagement du Marigot de SOKAM : 2025
- Aménagement hydroagricole de deux zones de 25000 ha au Trarza : 2023
- Réhabilitation de 11 barrages au Tagant, Assaba et au Gorgol : 2021
- Aménagement et extension de 1400 ha dans plusieurs communes : 2021
- Aménagement des grands périmètres de Rkiz (3500 ha) : 2019
- Projet PARIIS pour 300 ha : 2019
- Projet PARIIS pour 20 périmètres irrigués (400 ha) : 2019
- Projet ASARIGG – 27 périmètres (2072 ha) au Gorgol et Guidimakha (SONADER) : 2018
- Périmètre AAAID (3000 ha) et Ali Guelel – Koundi (10 000 ha) au Brakna : 2018
- Projet PAHABO au Brakna (4000 ha) : 2017
- Projet PGIRE pour 700 ha : 2017
- Aménagement de la Cuvette orientale de R’Kiz (3500 ha) : 2016
- Construction des barrages de Daber, D’akneikir (Tagant) et Chlakh Lihmir (Brakna) : 2015
- Périmètre de 10 000 ha à Foum Gleita : 2015
- Barrages de Morfiyalé et Tachott Maydalla au Guidimakha : 2014
- Barrage Bargatanni au Hodh El Gharbi : 2014
- Périmètres irrigués de Khabou et Diaguily (650 ha) : 2014
- Périmètre hydro-agricole de Cheichiya (572 ha) : 2013
- Cuvette de M’Bakh à Rosso (700 ha) : 2013
- Aménagement de la zone agricole de Venja à Bassiknou (4500 ha) : 2013
- Projet de réalisation de 09 barrages dans le Wilaya du Brakna : 2012
- Périmètres irrigués collectifs du Trarza (550 ha) : 2012
- 30 bassins de rétention d’eau (Aleg – Magtaa Lahjar – Barkéole) : 2011
- Mare de Kankossa : 2011
- Aménagement de 500 ha à Foum Gleita (Gorgol) : 2011
- Périmètre irrigué de 700 ha à Tékane : 2011
- Projet Tamourt En-Naaj au Tagant (>15 000 ha) : 2011
- Périmètre Gorgol 1 (800 ha) : 2011
- Réhabilitation des petits et moyens périmètres irrigués collectifs du Brakna (808 ha) : 2008
- Zone du Brakna Ouest (110 000 ha) : 2007
- Projet d’aménagement rural dans les Oasis de l’Adrar : 2005
- Aménagement de périmètres irrigués au Brakna (1670 ha) : 2005
- Barrages d’Azgueilim, Idadhes et Idenbiya au Gorgol : 2002
- Aménagement du Koundi 6 à 10 (40 000 ha) : 2001
- 33 barrages et aménagement de 8000 ha dans la zone d’Achram : 2000
- Construction des infrastructures hydrauliques du périmètre irrigué à l’aval du Barrage de Foum Gleita (6000 ha) : 1998
Et la liste est encore longue...
La majorité des marchés d’études et de contrôle lui est attribuée non pour sa performance, mais parce que MCG est devenu l’outil par lequel l’argent public est détourné au profit de certains responsables, avec à leur tête son directeur général, Ould Mohamed Saleh. Ce dernier est connu des lecteurs du blog Khlawna pour avoir été un acteur de plusieurs affaires que nous avons révélées.
Le système est parfaitement huilé et connu de tous au sein du ministère et de la SONADER. MCG fonctionne comme le bras technique d’un vaste mécanisme de prédation : les montants des offres sont sciemment gonflés puis partagés à parts égales avec des responsables administratifs corrompus. Protégé par cette couverture institutionnelle, MCG ne fournit ni le travail attendu ni les résultats contractuels, en toute impunité. La parfaite illustration ce système est le projet d'axe hydraulique dont le prix est au maximum 60 millions d'ouguiyas alors qu'il est facturé à la SONADER 200 millions d'ouguiyas.
Ce pillage ne s’arrête pas là. Pour accroître encore les profits, le même schéma est imposé aux entreprises de travaux, contraintes de s’aligner ou d’être écartées. L’administration joue alors le rôle de facilitateur, voire de complice actif, verrouillant le système et étouffant toute concurrence.
Le résultat est sans appel : une agriculture sacrifiée, des projets vidés de leur substance, des milliards engloutis sans impact réel, et des populations laissées pour compte. Pendant ce temps, l’État mauritanien continue de financer à perte un secteur confisqué par une minorité organisée, au mépris total de l’intérêt général.
Malgré l'échec patent, MCG continue a rafler tous les marchés de la SONADER et du Ministère de l'agriculture.
L’agriculture mauritanienne n’a pas échoué par manque de ressources, mais par captation organisée du système. Pendant près de trente ans, les mêmes acteurs ont monopolisé les études, le contrôle, les travaux et les décisions, transformant l’échec en modèle économique. Chaque nouveau marché attribué sans remise en cause prolonge ce désastre. Chaque silence officiel le rend complice. La question n’est plus de savoir ce qui ne marche pas. La question est de savoir jusqu’à quand ce système sera toléré.

لا حول ولا قوة إلا بالله
RépondreSupprimerDes accusations graves sans fondement vérifiable
RépondreSupprimer• aucun rapport d’audit publié
• aucune sanction officielle ne vient étayer ces affirmations.
Je peux en témoigner personnellement en tant que spécialiste du domaine : au regard des standards techniques régionaux, MCG figure objectivement parmi les meilleurs bureaux de la sous-région, loin de l’image caricaturale qui en est donnée., Je peux en témoigner personnellement en tant que spécialiste dans le domaine : au regard des standards techniques régionaux, MCG figure objectivement parmi les meilleurs bureaux de la sous-région, loin de l’image caricaturale qui en est donnée.
Pour un vrai débat sur l’agriculture
doit porter sur :
• la durabilité des aménagements,
• la gouvernance de l’exploitation,
• la responsabilisation des maîtres d’ouvrage,
• la maintenance et l’accompagnement des producteurs,
et non sur la stigmatisation d’un acteur technique unique.
Bonjour Monsieur, avez consulté le dernier article ?
SupprimerSi nous ne sommes plus limités par la réalité ont sort de l'ordinaire, nous serions meilleurs que tous et unique de notre genre
Ça sent un acharnement pour des raisons inavouées et qui manque surtout d'objectivité!....Ce bureau est l'un des meilleurs, sinon le meilleur en Mauritanie. Une expérience et un savoir faire incontestable.
RépondreSupprimerLe meilleur en quoi?
SupprimerBien que meilleur en Mauritanie, malheureusement peut porter un sens péjoratif selon les cas
Le sujet est certes intéressant et pertinent, mais il est surtout profondément triste. Il met en lumière les dysfonctionnements chroniques qui minent notre secteur agricole depuis des années. À ce titre, il est difficile d’ignorer la responsabilité du Bureau MCG, dont les choix, les orientations et l’inefficacité manifeste ont largement contribué à la situation actuelle. Le manque de vision stratégique, la mauvaise gouvernance et l’absence d’impact réel sur le terrain ont fini par transformer ce qui devait être un levier de développement en un facteur aggravant de la crise agricole. Face à une telle réalité, le déni n’est plus possible : une remise en question sérieuse et des réformes profondes s’imposent.
RépondreSupprimerA.M
Oui, c'est le meilleur bureau certainement en falsification et corruption
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